Sauvons le soldat Ryan mais pas le majordome

Au commencement il y a Forest «  tiens si j’avais la larme à l’œil pendant 2heures pour voir si un oscar tombe » Whitaker qui,s’asseyant sur une chaise de la maison blanche, a un flash dans lequel deux noirs sont pendus à un poteau. Oui oui c’est à peu près aussi fin que De Niro à la fin de Raging Bull mais Lee Daniels la finesse il s’en tape donc pour être bien sure que le spectateur ne soit pas perdu il rajoute une voix off.

Je tiens à préciser que je suis plutôt bon public en matière de voix off, je trouve en général que ça donne du charme à un film, lui rajoute un petit côté conte des plus agréables mais ici le film sonne plus comme un compte en banque servant à payer un casting « de rêve » que comme un conte de fées.

Petit exemple de l’imbitabilité ( non ça se dit pas mais c est ma critique je fais ce que je veux ) de cette voix off : au début du film Forest erre dans une rue, il fait noir, il pleut et il s’arrête devant une pâtisserie qui éclaire son visage d’une lumière chaleureuse. Là où la lourdeur de la mise en scène suffit à comprendre ce que ressent Forest, Lee Daniels rajoute en voix off «  j’avais vraiment très faim »… oui toi spectateur tu es un immonde idiot incapable de comprendre le génie de monseigneur Daniels sans qu’une voix te décrive tout ce qui se passe.

Le film se contente ensuite d’enfoncer les portes ouvertes à grand renfort de violon et de stars venues cabotiner ( John Cusack si tu me lis): Nixon est méchant ,Kennedy gentil, les Black Panthers c’est caca parce que violent . Aucun personnage n’est un tant soit peu fouillé,le rythme est lent,la mise en scène plate et les bras de Morphée tentent sans relâche de nous agripper.

Plus génant encore, les progrès sociaux obtenus par le peuple noir américain durant le film sont très souvent la due à une bonne action de forrest dans la maison blanche : un mépris du peuple donc, mais ce serait oublier le mépris que daniels affiche aussi pour les personnages. Tout le monde dans ce film est anthipatique, leurs défauts sont accentués par la mise en scène qui en revanche n’insiste pas beaucoup sur les qualités, les seules personnes épargnées étant bien sure les « bons » président à savoir tous sauf nixon.

Même l’histoire entre forest et son fils, qui aurait pu être intéressante,est ratée suite à l’enchaînement de clichés ( fils rebel/père strict) et à une happy end sortie de nulle part qui fait passer celle de gran torino pour du david lynch.

Finissons en apothéose par le carton final du film sur lequel est marqué «  »the film is dedicated to the bravemen and women who fought for our freedom in the civil rights movement », ce qui traduit en bon français veut dire  » maintenant si tu n’aimes pas le film c’est que tu n’as pas de coeur…et que tu es peut-être raciste »

On quitte la salle avec un sale goût en bouche, l’impression d’être suivi par Lee Daniels nous suppliant de lui donner des oscars et avec l’envie de revoir forest…gump.

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