On se fait une toile ?

Le parcours de Spiderman au cinéma est pour le moins singulier.

Après une trilogie très réussie conduite d’une main de maître, par sam raimi la franchise sera rebooté en 2012 avec the amazing spiderman et la promesse que marc webb, auteur du mignon bien que surestimé « 500 jours ensemble », rendra le personnage plus humain.
Une fois de plus l’intérêt financier supplanta la créativité et le film fut assez limité. Néanmoins le deuxième opus d’une franchise étant souvent le plus sombre ( le seigneur des anneaux, Batman, Star-wars et j’en passe ), j’étais pour le moins curieux de découvrir le Spiderman nouveau.

Au commencement, il y a un traumatisme : Le traumatisme de la mort de l’oncle ben dans le premier opus bien qu’étant l’élément déclencheur était complètement survolé, on a ici droit à la responsabilité de la mort du père de la dulcinée de l’araignée qui malheureusement se limite à des apparitions fugace de l’acteur portant ce rôle et à la pire scène de rupture de l’histoire du cinéma.
Et on touche ici le premier gros point noir du film : la pauvreté de ses personnages. Il ne se passe pas 10 minutes sans que l’on ait droit à une conversation en tête à tête avec des yeux embués de larmes,des violons de hans zimmer et des dialogues à faire pâlir max pecas. On en attendait plus , beaucoup plus, surtout venant d’un réalisateur issue de la scène indépendante et censé apporter un vent de fraîcheur.
On peut aussi ajouter que comme tout mauvais blockbuster qui se respecte, le physique joue une place prépondérante, les méchants sont moches et peuvent avoir des accents terrifiant de bêtise ( attendez de voir le méchant russe avec son tatouage du marteau et de la faucille sur la cheville avant de dire que j’exagère), les gentils sont beaux, et drôle. Enfin drôle c’est en tout cas l’intention du film qui multiplie les gags comme s’il s’agissait d’une comédie pour enfants, ce qu’il est sûrement un peu d’ailleurs. En découle un Spiderman insupportable de bêtise qui perd toute crédibilité à cause de son humour au ras des pâquerettes et surtout incessant.
Continuons sur les personnages avec les méchants qui nous ont été vendu comme étant au nombre de deux par le rouleau compresseur marketing qui va maintenant de paire avec les films Marvel. Il n’en est malheureusement ( ou heureusement quand on voit le charisme de ces bad guy) rien et chaque méchant se contente de grimacer en voulant tuer Spiderman. Il y avait pourtant de l’idée avec un electro qui s’éloignait du postulat de méchant de base en étant une simple victime du système mais le film au final préfère le faire crier et jouer de la musique sur des pylônes électrique ( véridique!) plutôt que de l’humaniser.
Rajoutons à cela une amitié retrouvée des plus sordide bien que portée par un acteur de talent (Dane DeHaan) , des références musicales discutables et le fameux générique de la série Spiderman que le film vomit sans arrêt sous plusieurs forme pensant flatter l’ego des fans et on obtient une bouilli indigeste de deux heures.

Sauf que le film dure deux heures et 20 minutes et qu’après 2 heures d’ennui un miracle se produit. l’intrigue décolle furieusement et un incident majeur d’une beauté terrifiante offre au film la noirceur qui lui manquait tant. On assiste déconfit à ce que le film aurait dû être, on jubile partagé entre la déception et le bonheur de voir enfin du cinéma,on se dit que le film est raté mais qu’au moins le final est merveilleux, et le générique ne vient pas. Oui, vous avez bien lu ; plutôt que de finir sur un événement destructeur et grave laissant entrevoir une suite ( car suites, il y aura, c’est une certitude) avec enfin un peu d’enjeu le film nous « offre » ou plutôt nous jette en pleine face un happy ending nanardesque au possible.

Enfin, le propre du (bon) film de super héros est de parler du monde actuelle que ce soit les Batman de Nolan avec les interrogations sur la finance , le terrorisme, les X-Men de Singer et la réflexion sur l’acceptation de la différence qui en découle , tous nous parle du monde réel. Et c’est bien là la plus grosse tare du film : celle de n’être qu’un gigantesque parc d’attractions sans âme et sans discours.

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