Les huit petits salopards et le nègre


Après un Django unchained très sympathique mais assez peu révolutionnaire, voir Quentin Tarantino se réengager dans le western m’enchantais assez peu. De plus, l ‘accouchement difficile du film ( le script a fuité puis a été remanié pour éviter que l’ego un peu trop massif du sieur Quentin ne soit heurté) faisait craindre à un accident industriel. Heureusement, il n’en est rien, et ce, pour plusieurs raisons.


Tout d’abord, le film est un huit clos à tendance horrifique inspiré assez franchement de Carpenter : plusieurs hommes et une prisonnière prête à être pendue sont dans un abri alors qu’une tempête de neige sévit à l’extérieur. Un d’eux est pourtant un traître et rien ne permet de le différencier des autres au premier abord. La neige, l’ennemi semblable aux amis, les groupes qui se forme puis implose/explose ; difficile de ne pas penser à une variation de The Thing dans un univers western.

Si le film peut bien sûr compter sur une mise en scène incroyable et des dialogues ciselés, il souffre malheureusement des habituels travers de son créateur à savoir un certain manque d’amour pour les personnages ( qui se font violenter en boucle), une volonté d’ultra référencement et des provocations un peu puéril ( notamment sur les noirs et les Mexicains) juste pour faire gueuler Spike Lee.

Il est à noter que le 70mm ( le format pellicule du film) apporte vraiment quelque chose à l’œuvre en offrant un grain et des couleurs aujourd’hui oubliées et un entracte de 15 minutes très habilement intégré à l’histoire. Le casting est, quant à lui, impeccable combinant des acteurs de toutes les époques de Quentin (Zoé Bell, Tim Roth, Michael Madsen, Samuel L Jackson, Kurt Russel etc…) et suffit à donner un coté best of à ce formidable mélange des genres.

On a ici une œuvre presque testamentaire dans laquelle cohabite L’horreur, l’action, le drame sociale, la violence des polars, le coté poisseux des westerns, des dialogues de folies et un amour du cinéma qui arrive à traverser la pellicule et à faire oublier les quelques errances mégalomaniaque de Quentin « Motherfucker » Tarantino.

Peu de changements à l’horizon donc, mais qu’importe : on est devant le meilleur Tarantino de ses dix dernières années oui oui ! On a du mal à réaliser que c’est le même homme qui a dirigé le médiocre Kill Bill II et le mollasson Boulevard de la mort.

 

Les huit salopards, c’est comme le gâteau de mamie le dimanche, c’est toujours le même, mais tant pis, quand on en a rêvé toute la semaine, il fait bien plaisir.

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