I had a dream

Nous sommes en 2010, Christopher Nolan a déjà lancé une nouvelle Batmania avec le succès de The dark knight deux ans auparavant, le troisième volet de sa trilogie est en préparation ( il sortira en 2012) et Inception arrive. Comme Le Prestige en son temps, sorti lui aussi entre deux Batman, Inception sonne comme une récréation entre deux projets visiblement très (trop?) formatés. En résulte un univers totalement nouveau, des acteurs inhabituels pour un Nolan ( Di Caprio, Ellen Page) et une volonté de pousser à la réflexion.

Le principe d’Inception est simple : un groupe de mercenaire se forme afin d’aller inséminer une idée dans l’esprit de Cillian Murphy par le biais de ses rêves. Pour se faire, ils devront créer un rêve dans le rêve puis un autre rêve dans le rêve, en sachant que chacun de ces songes n’ont pas les mêmes échelles temporelles.

S’il s’écoule, par exemple, une minute dans la réalité, une heure se déroulera dans le premier rêve, une semaine dans le deuxième ( le rêve imbriqué dans le premier) et un mois dans le dernier.

En terme de mise en scène, c’est assez sublime, les décors sont somptueux et variés, la colorimétrie subtile, le montage fluide et viscéral bref, le spectacle visuel est à la hauteur des autres productions de ce brave Christopher.

Pour ce qui est des acteurs, tous s’en tirent à merveille tant et si bien que Di Caprio est au final l’acteur le moins subtil du lot. S’il ne cabotine pas comme dans Shutter Island (ouuuuh je plisse les yeux parce que je suis perdu dans ma tête ouuuuuh je suis subtil) il manque un peu de naturel pour emporter pleinement l’adhésion.

En terme scénaristique, le film est, comme presque tous les Nolan, conditionné par votre idée de la métaphore. Si voir un homme descendre dans son subconscient en ascenseur avec un souvenir à chaque étage ou que la matérialisation d’un refus d’ouvrir son esprit, soit une armée de soldats vous semble êtres d’une subtilité rare le film est fait pour vous. Si au contraire, vous trouvez ca un poil démonstratif, attendez-vous à quelques déconvenues.
L’autre paramètre à prendre en compte est votre vision de ce qu’est un rêve, car ici, pas de place pour l’amusement : les rêves sont carrés, réalistes, et au final très peu ludiques (si ce n’est dans une très belle scène parisienne) et on reste assez souvent frustré devant tant de retenu.

La seule vraie bonne idée visuelle découlant du rêve est le rapport du rêveur à son ressenti. Si le corps du rêveur est chahuté , le rêve tremble, s’il est trempé, attendez-vous à des trombes d’eau dans sa réalité alternative.

D’un point de vue sensoriel, le film est nettement plus intéressant puisque mettant sans cesse en doute notre perception de ce qu’est la réalité. Cela aurait pu donner un formidable film si Hollywood n’était pas passé par là.

Car oui, arretons de tourner autour du pot et disons le franchement, non Inception n’est pas incompréhensible, non, il n’est pas compliqué à comprendre et non, il ne faut pas un master en science pour l’apprécier: c’est d’ailleurs là la principale qualité du film, mais aussi son principal défaut.

En effet, afin de ne perdre aucun spectateur en cours de route, le film ne cessera de re-expliquer le fonctionnement des rêves et chaque événement demandant un peu de réflexion sera présenté puis re expliqué au détour d’un dialogue puis remontré sous une forme légèrement différente.
Si le dispositif est bien amené et assez subtil en général, il laisse l’impression que le spectateur est un idiot sans nom incapable de cogiter un tant soit peu sur ce qu’il a vu. Sauf sieste impromptu de votre part, il sera donc difficile de ne pas saisir ce qu’on vous raconte.

Inception c’est la victoire du spectateur Passif, un divertissement efficace et tout à fait recommandable, mais pas intelligent pour un sous.

Inception c’est surtout un immense gâchis face à tout ce qu’il aurait pu être.

Inception c’est Docteur Lynche et Mister Bay, un film qui veut faire réfléchir, mais pâtit de son enrobage.

Inception au final, c’est ce brillant prof sympathique, mais un peu casse couille qui passe l’intégralité de votre voyage scolaire à vous lire des descriptions de guide touristique alors que vous n’avez envie que d’une chose, explorer.

PS: N’hésitez pas à lire l’excellente critique d’Erwan Cario disponible juste ici et qui synthétise plutôt bien les défauts du film.

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