Un puits de fond…sans forme.

Jeux de pouvoir, ou State of Play, pour les anglophones est une mini-série britannique en 6 épisodes qui a connu une adaptation filmique avec Russel Crowe en 2009. Elle part d’une histoire simple, deux personnes meurent le même jour, un jeune black porté sur la délinquance et la collaboratrice d’un homme politique en devenir.

De cela, la série tirera un scénario volubile et captivant en se basant sur une équipe de journalistes qui chercheront à élucider ces affaires qui, vous vous en doutez bien, sont liées.

Question Casting, c’est du très lourd puisqu’il compte David Morissey, Bill Nighy, James McAvoy et même plusieurs habitués de Paul Abbott (le créateur de la série) comme Rebecca Ryan et Sean Gilder, vu tous les deux dans Shameless. Chacun délivre une performance formidable qui va de pair avec l’écriture sans faille des dialogues et du scénario…Car oui, State of Play est une série d’écriture.

Comme dans toutes les séries d’Abbot, personne n’est blanc ou noir, tout le monde est gris. On passe donc 6 épisodes à s’attacher à tout le monde tout en se demandant de qui va venir la prochaine fourberie.

Ici, pas de rebondissements spectaculaires et encore moins de scène d’action : on suit une enquête du début à la fin et le magnétophone est la seule arme qu’utiliseront nos héros journalistes. Critique acerbe du monde politique et du journalisme outrancier, State of Play n’oublie pas d’être résolument humain et social en proposant des situations toujours crédible allant du racisme ordinaire à la lutte des classes.

De cette optique quasi-documentaire émane néanmoins un gros point faible : la mise en scène. Qu’on se le dise, j’étais très peu fan de David Yates du fait de sa mise en scène pataude et générique dans les quatre derniers volets d’Harry Potter

Mon point de vue n’a pas vraiment évolué puisque ici, on navigue entre quelques plans fabuleux à base de travelling circulaire ou de plan fixe d’un symbolisme fort et carnage total des qu’il s’agit de représenter le mouvement. David arrête de secouer la caméra comme un épileptique en pleine crise des qu’il se passe quelque chose ! D’un, ca fout la gerbe et de deux ça nuit à la lisibilité.

Ce défaut mis à part, jeux de pouvoir reste une série combinant politique, société et policier avec une aisance rare. Une aisance qui vous clouera à votre fauteuil/canapé/lit ( rayez les mentions inutiles) pendant six petites heures et vous laissera estomaqué pendant bien plus.

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