Récréation post Kubrick

De Michael Mann, certains retiendront le braquage de Heat, d’autres un Tom Cruise grisonnant alors que les autres rêveront Johnny Depp s’échapper d’une prison Américaine visiblement peu fiable.
Au doux nom de ce brave Michael cependant, peu sont enclins à citer le dernier des Mohicans.
Tourné entre le sixième sens ( et non pas sixième sens avec Bruce Willis) et Heat, le film fait office de parenthèse champêtre dans une filmographie fortement marqué par un urbanisme galopant.

Nous sommes en 1757 alors qu’une guerre oppose les Français, soutenus par les Hurons et les Britanniques, aidés par les Mohicans. Nathanael, Mohicans d’adoption interprété par Daniel Day-Lewis, va, avec son père et son frère secourir un officier anglais ainsi que deux femmes que ce dernier accompagnait. S’en suivront moult péripéties, bagarres en tous genres et liaisons amoureuses.

Ne nous voilons pas la face : on est ici face à un film d’émotions et non de scénario ou de réflexions. Comme Gravity est la réplique émotionnelle pure à 2001 l’odyssée de l’espace, le dernier des Mohicans est un Barry Lyndon purement sentimentale au sens noble du terme. Avec le chef d’œuvre de kubrick (pas celui avec un robot à œil rouge, l’autre) il partage en effet une reconstitution historique plutôt fidèle de batailles aussi rangées que meurtrières et surtout des scènes d’intérieur sans aucun ( ou presque) éclairage artificiel.

En résulte un film visuellement magnifique qui souffre cependant d’un transfert assez médiocre que ce soit sur DVD Blu-Ray ou Laserdisc. Question mise en scène la caméra virevolte au milieu des arbres, sous des cascades gigantesques, ou au-dessus de vides vertigineux. Pour ce qui est scènes d’actions, elles sont rythmées et extrêmement lisibles contrairement à 90 % du cinéma d’action actuel et les nombreux ralentis ne polluent pas le rythme.

Pour ce qui est du casting, c’est un sans-faute. Du terrifiant Wes study ( Pawnee dans dance avec les loups) à la fragile mais ravissante Jodhi May en passant par une apparition surprenante de Patrice Chéreau, tous jouent juste. Ils se font cependant voler la vedette par un Daniel Day-Lewis en grande forme. S’étant entrainé pendant de long moi à dépecer des lapins, charger un fusil ou construire des canoës, il est d’une aisance assez incroyable et insuffle à son personnage une énergie bienvenue. Un peu mou au démarrage, le long-métrage monte en puissance avant de s’achever sur une fabuleuse course poursuite d’un bon quart d’heure.

Si le film est resté dans l’histoire ce n’est pour rien de tout ca mais pour sa bande originale. Assez fameuse sur une moitié de film, elle perd malheureusement en intensité au fur et à mesure des redites et souffre surtout de sa composition à quatre mains (Trevor Jones fut remplacé par Randy Edelman en plein milieu du projet) qui nuit à son homogénéité.

Blindé de défauts, qu’ils soient scénaristiques ou d’écriture ( certains dialogues sont dignes de bouquins arlequin) le film transporte, palpite et surtout émeut en plus de livrer un final assez savoureux renversant l’idée même de héros.

Une bonne récréation donc après le sentencieux ( mais excellent) Barry Lyndon.

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