I, I will be king. And you, you will be Film

Le stress de l’entrée au lycée est un passage obligatoire de la vie adolescente. Vais-je me faire des amis ? M’intégrer? Vivre des aventures aussi folles que tout ce qu’on m’en a raconté ? Tant de questions que Charlie, héros du film et accessoirement jeune homme de 15 ans, ne se pose même pas tant il se sait inapte à la communication. Si regarder les gens et analyser leurs comportements le passionne, il est, en revanche, incapable de leurs parler et ces quelques tentatives se finiront en moquerie.

Il se lie alors d’amitié avec un de ses professeurs de littérature tout en regardant du coin de l’œil un élève bien plus âgé que lui faire le pitre dans un cours manuel qu’il a visiblement repiqué. Cet élève, il le recroisera dans un match de foot américain auquel il allait uniquement pour se conformer aux traditions. Pour la première fois, Charlie va tenter un truc un peu fou, essayer de s’intégrer. Il se liera donc d’amitié avec cet élève, Patrick et sa demi-sœur Sam.

Ce trio, qui oscillera entre camaraderies, amour déception et tristesse est véritablement le cœur du film. Si les trois protagonistes sont différents physiquement et dans leurs attitudes, ils ont en commun d’êtres en marge d’une société lycéenne aussi fermé que codifiée. Pourtant, le réalisateur ( et auteur du livre dont il est tiré) n’insistera jamais sur le décalage, il est présent, c’est une qualité évidente des personnages, mais puisqu’on est dans un bon film il évite de surligner à chaque plan que « être en dehors du moule, c’est trop bien ».

Toujours en rapport avec le réalisateur, la mise en scène est propre sur elle, efficace mais jamais renversante. Jamais ? Non ! Car une scène propulse le film à un sommet d’émotion qu’il ne retrouvera malheureusement plus. Sur Heroes de David Bowie l’envoutante Emma Watson se libère de toute la pression du monde et se retrouve dans un bonheur aussi brutale qu’éphémère. Difficile des lors de ne pas avoir envie de balancer son écran par la fenêtre pour rouler cheveux aux vents sur l’autoroute du plaisir.

Le film continue cependant et malgré un petit ventre mou d’une quinzaine de minutes du fait d’un quiproquo amoureux, il réussit là ou tant d’autres ont échoué, filmer la jeunesse. Sans jamais porter de jugement, le film parvient même à soulever des questions plutôt grave comme l’homosexualité refoulé ou la pédophilie tout en gardant un vrai aspect feel good movie. Lâcheté d’affronter les problèmes de face pour les uns, refus de pathos pour les autres, ce choix délibéré ne laissera personne neutre, et c’est tant mieux.

Porté par des acteurs extraordinaire des premiers rôles aux seconds couteaux, le film est l’anti Jean-François Copé : une ode au lâcher prise, à l’excès, à l’amour et à la confiance. Un film qui vous fera passer du rire aux larmes en un clignement d’œil, un film qui vous fera fredonner que oui, vous pouvez être un héros, juste pour une journée.

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