Found Footage de gueule.

Nous sommes en 1999 et une rumeur enfle sur interner. Un film sur 3 jeunes étudiants et la forêt de Blair aurait été retrouvé. Ces 3 jeunes ont disparu et la vidéo et l’unique témoignage de leurs recherches. Tout cela se révéla être du Marketing viral savamment orchestré par l’équipe du film qui sortit au cinéma sous le nom de « Le Projet Blair Witch ». Grace à sa rigueur formelle ( les images proviennent vraiment de cameras portés par les acteurs) , à son ambiance inquiétante et à une économie de gore/jumpscare/monstre le film devint rapidement culte au point qu’une affreuse suite vit le jour un an plus tard. Obtenant seulement 13% de critiques positives sur Rotten Tomatoes, ce Blair Witch 2 fit plonger la franchise dans un sommeil de 15 ans jusqu’ à une annonce surprenante à la Comic-Con 2016 : un film d’horreur lambda, « The woods » s’appellera désormais Blair Witch.

Le pitch est simple : le frère d’une des protagonistes du premier volet va à sa recherche en forêt avec quelques amis dont une qui a pour projet de réaliser un documentaire sur cette recherche. Si le scénario ne va pas bien chercher bien loin, il a comme énorme qualité d’être une suite directe du premier volet et d’occulter totalement le second.

En revanche, le film commence par dix minutes d’introductions afin de caractériser les personnages de la bande et là, je dois bien avouer que j’ai rarement vu aussi mauvais préambule. Les personnages sont têtes à claques au possible et sont surtout caractérisé par un seul trait de caractère qui ne quitteront jamais. Du frère modèle, à la documentariste sage, en passant par le noir trop sanguin et le nerd associable tout y passe et on ne ressent à aucun moment de l’empathie pour ces pantins et pire encore, on doute de leurs existences tant ils sont transparent…Gênant pour un found footage.

Puisqu’on parle de found footage , parlons de la forme. Grace à des oreillettes caméra, placées sur chacun des neuneus du casting, le film alterne les points de vue constamment et va même jusqu’ à faire utiliser un drone dans le film afin de s’offrir des plans aériens. Rajoutons à cela une mise en scène qui hésite entre le réalisme ( les scènes de nuit où on ne voit rien) et les plans ultras travaillés, des faux raccords en pagaille et des cris insupportables en permanence…Tout ca pour dire que le found footage est un art et que Blair Witch aurait mieux fait de renier ses origines et d’être filmé « normalement ».

Concernant la partie horreur du titre, la aussi la déception est totale. Jumpscare toutes les deux secondes, hystérie totale des le moindre petit bruit, séparations des personnages tout y passe et le temps de l’horreur silencieuse et patiente semble bien lointaine.

Pour autant le film décolle lors des 20 dernières minutes grâce à une scène de maison hantée absolument formidable d’un point de vue ingéniosité visuel et surtout un petit twist scénaristique à base de paradoxe temporelle qui rallume enfin l’envie d’en savoir plus. Cela valait-il le coup de se fader une heure affreuse avant ? Non.

Pas aussi prenant qu’un Rec ni aussi politique qu’un Cloverfield ou même aussi ingénieux que REC2 Blair Witch est un film malade qui subit son héritage et qui ne gagne en intérêt que lorsqu’il tente de s’en éloigner : pour un film ayant coûté presque 70 fois plus cher que son ainé, c’est dommage.

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