American Beauty 2.0

Nick est beau, Nick est riche, Nick a des dents bien trop blanches pour être honnête et Nick rentre chez lui un beau jour et découvre que sa femme a disparu. Sa femme, c’est Amy, une riche et jolie nana qui a accumulé ce patrimoine financier grâce à des parents qui ont exploité son image avec des bouquins sur « l’épatante Amy ». Après une enquête pas forcement minutieuse, tous les soupçons se portent sur Nick les dents blanches, qui grâce au charme insupportable de Ben Affleck a une bonne tête de coupable. L’est, il ? Ne l’est-il pas ? Mystère.

Auteur de quelques films surestimés (Fight Club en tête) mais aussi de chef d’œuvre absolu ( Zodiac, Millenium), David Fincher semble aborder une nouvelle fois le polar, mais cette fois de façon très scolaire. Les plans sont léchés, mais sans folie, le suspens présent mais pas obsédant, les acteurs bons mais pas éblouissants…Bref, c’est un bon produit, mais calibré.


Et puis au bout d’une heure un twist scénaristique vient complétement changer la donne et on comprend que si Amy n’est pas celle qu’elle prétend, Gone girl n’est en aucun cas un polar qui finira sur TF1 un dimanche après midi pluvieux.
En effet, À partir de ce changement, tout prend une nouvelle dimension et on réalise que les personnages, leurs jeux d’acteur, la mise en scène, l’esthétisme à outrance ne sont là que pour démontrer que les apparences sont trompeuses.

Véritable satire sociale de par sa critique de la bourgeoisie, mais aussi du culte de la beauté ou du bonheur à tout prix, Gone Girl est le pendant 2.0 au American Beauty de Sam Mendes. Un pendant plus froid, plus rugueux, mais aussi moins caricatural quant aux motivations de ses personnages. Sans jamais condamner ou acclamer un personnage, le film expose des faits et uniquement des faits et chacun pourra se faire juge de la situation. À l’heure ou le cinéma américain se sent obliger de prendre le spectateur par la main pour la moindre zone d’ombre, la liberté offerte par Fincher est précieuse.
Le rythme est haletant et évite le sensationnalisme durant 149 minutes qui passent à la vitesse de la lumière.

Si je me garderais bien de vous spoiler la fin du long-métrage, sachez qu’elle est implacable et renversante, le genre de fin qui vous laisse la boule aux ventres pendant de longues heures.

En 1997, Fincher établissait une démonstration lourdingue sur l’illusion avec The Game. Presque 20 ans plus tard son cinéma à muri et Gone Girl, non-content de parler de l’illusion, en est une. La plus belle démonstration par l’exemple du septième art.

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