La chenille et le papillon.

En 1992, Bruce Timm et son équipe créent Batman : La série animée afin d’accompagner le succès des films de Tim Burton. Chef d’œuvre de profondeur et performance visuelle incroyable, la série est, encore aujourd’hui, considérée comme une des meilleures séries d’animation de tous les temps.
Lorsqu’en 2005, le Batman Begins de Christopher Nolan débarque dans nos salles obscures, une nouvelle série est prête à envahir les chambres d’enfant afin de surfer sur le potentiel succès du long-métrage.
Pour ce faire, la série décide de se concentrer sur les jeunes années du chevalier noir. Poursuivi par la police est inconnu des criminels lors des deux premières saisons, ce brave Batman aura du fil à retordre pour se faire respecter par un Jim Gordon pas forcement confiant et asseoir sa réputation de justicier intègre.

Ce qui choque en premier lieu, est le design général de la série. Très, voir trop épurée dans ces décors, elle tente de compenser par des effets de colorimétrie parfois très réussis, parfois plus proche du mauvais dessin d’école primaire. Niveau animation, c’est bien souvent très propre (à défaut d’être renversant) , les combats sont hyper rythmées et seuls les courses poursuite en véhicule semble souffrir d’un manque de rythme.
Du côté des personnages, la refonte est totale, avec un joker plus proche d’un hippie qui en a trop pris que du prince du crime, un Sphynx emo au possible et un Bane très peu humanoïde.

Au chapitre scénario, il y a boire et a manger. Si les premières saisons sont sympathiques, elles n’offrent aucune surprise et se contente d’aligner des poncifs bien connus des fans avec pour seules nouveautés des origines renouvelées pour certains bad guys. Pire encore aucun liant n’apparaît entre les épisodes empêchant ainsi tout impact émotionnel.
On se raccroche comme on peut aux nombreuses scènes d’actions, espérant le moment ou un vrai arc narratif émergeras de ce divertissement de qualité, mais sans âmes.

Et le miracle se produit avec la saison 3. Relançant totalement les enjeux en introduisant Batgirl ( et la bonne dose d’autodérision qui va avec), la série abandonne son coté sentencieux et propose du fun, du fun, et encore plus de fun, faisant oublier un scénario toujours aussi quelconque.

Les deux dernières saisons rattraperont ce dernier point en offrant des scénarios variés agrémentés de nombreux guests ( Superman, Green Arrow, John Jones). En résulte des épisodes brillants comme seconds ou artifacts qui font poindre l’espoir sordide que l’élève dépassera un jour son maître de 1992.

Comme toujours dans le monde impitoyable de la télévision, ce ne fut pas le cas. La série fut arrêtée après une très bonne saison 5 alors qu’elle avait enfin trouvé son rythme de croisière.

The Batman n’est pas une mauvaise série… Ni une très bonne. C’est un projet sans trop d’ ambitions qui gagne en ampleur au fil des épisodes avant de fermer le rideau au moment où la chenille devenait papillon.
Un gâchis agréable à suivre, musicalement géniale et visuellement surprenant, mais un gâchis quand même.

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