Sentiments mais sans cinéma.

Dans la grande famille du cinéma, il y a un genre roi en France : la comédie.
Dans ce genre roi, il y a d’autres subdivisions dont une qui cartonne neuf fois sur dix : la comédie dramatique sur le handicap, le sympathique intouchable ayant prouvé qu’un handicapé sur un écran pouvait rapporter du pognon à gogo.
C’est donc tout naturellement qu’Eric Lartigau décide en 2014 de s’engouffrer dans la brèche et de livrer un film causant des sourds et muets avec la famille bélier…Causant , sourd, ahaha très bonne blague.

Le pitch est simple : Louane ( ancienne gagnante de The Voice) est la seule entendante dans une famille de sourds et muets dont les parents sont Francois Damiens et Karin Viard.
Épaulant sa famille dans la gestion de leur ferme, elle est rapidement repérée par un prof de musique ( Elmosnino) qui va tout faire pour lui faire passer le concours de la maitrise de radio France.
De ce décalage auditif aussi loufoque que dramatique jaillira une magnifique fable sociale sur le handicap et le vivre ensemble… Du moins, c’est ce que veux nous vendre le film.

Dans la réalité, le résultat est tout autre.

Déjà, la jeune Louane a beau être une chanteuse de talent, elle est une piètre actrice, faisant passer n’importe quel figurant de plus belle la vie pour Marlon Brando. De ce jeu insipide et guère sauvé par la ribambelle de seconds rôles transparents ne parait aucune émotion, aucune ferveur, aucune envie, et on en arrive à espérer les scènes de chant au plus vite.
Pour palier à cela, Viard Damiens et Elmosnino s’en donnent à cœur joie en surjouant à tout au maximum…Parfois ça passe grâce à des mimiques inspirés, parfois la gêne est totale.

Coté mise en scène, c’est plat. Juste plat. Jamais fabuleux, jamais risible, juste plat. Les plans sans idées s’enchaînent les uns après les autres donnant l’impression de regarder un documentaire animalier, les paysages en moins.

Au rayon des autres problèmes notons un second rôle de copine un peu volage mais traitée comme la dernière des neuneu parce que oui, ici, on défend les sourds, mais les salopes qui couchent avec des garçons en pleine adolescence ça jamais.

Je commence à vous entendre grogner de l’autre côté de votre écran  » oui, mais Adrien, tu ne comprends pas, c’est une belle histoire, une histoire vraie, avec de vrai sourds dedans, un beau message tout ca tout ça » et à ma grande surprise, je suis d’accord avec vous. Sauf que pour passer un beau message dans un film, il faut qu’il y ait un film. Un naufrage artistique comme ça peut à la limite être acceptable venant d’un étudiant en première année de cinéma, venant d’un vétéran de la comédie non.

La famille bélier, c’est comme un Kinder surprise : le fond est sympathique comme tout, mais il faut manger ce qui l’enrobe pour y accéder… Et quand l’enrobage sort tout droit d’une fosse à purin, ce qui reste ce n’est pas la surprise, mais un goût de merde.

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