Voyage au bout de l’ennui

Terence Malick, en voilà un nom qui fait frémir n’importe quel cinéphile !
De la ballade sauvage au nouveau monde en passant par la ligne rouge ou les moissons du ciel, autant de nom et de souvenirs extraordinaires, d’émotions incroyables, de plan fabuleux.
Et puis vint Tree of Life. Palme d’or en 2011, le long-métrage de l’Américain marque une rupture dans son cinéma, avec des thèmes plus niais, moins subtile malgré une mise en scène toujours merveilleuse.

Pour Voyage of Time, l’ambition est démesurée : raconter l’histoire de la vie, de ses origines à nos jours.
Pour ce faire, on alternera entre des scènes purement contemplatives à base de planètes, de paysages et de musiques hypnotisante et des scènes purement documentaire filmés caméra à l’épaule, sans maquillage ni esthétisme outrancier.

De plus, tout au long du long-métrage, Cate Blanchett nous gratifiera d’une voix off aussi suave qu’abscons.

Pourtant, le résultat final est purement et simplement désastreux.

Oui, les images sont magnifiques, oui la mise en scène est propre, oui la volonté non-créationniste derrière le film est une excellente chose… Mais nom de dieu qu’on s’emmerde.

Sur une heure et demi de film, une grosse heure est digne d’une démo pour écran 4k dans le fin fond d’une Fnac obscure de la creuse. Planète, champs, mer, volcan, tout y passe, mais rien ne reste. Jamais une émotion ne transparaît, jamais une image ne reste en tête, on reste impuissant face à une course vers un esthétisme toujours plus putassier.

Surnage alors les scènes documentaires ou l’homme est placé au cœur de l’écran. Que ce soit dans ce mariage arabisant, cet abatage de vache ou même cette découverte de la violence, toutes ces scènes donne envie d’attraper Terence, de lui coller deux mandales et de tourner sa caméra sur ces hommes et ces femmes sans qui la nature reste un concept abstrait.

Au final Voyage of Time est l exact opposé de Tree of Life. Les scènes contemplatives sont prétentieuses en diable et seul l’amour des hommes permet au film de décoller un peu ( avant de se re vautrer dans sa niaiserie habituelle).

Revoyez la Ballade sauvage, vous aimerez le monde après cela, vous aimerez la nature, vous aimerez les hommes, et surtout vous verrez un vrai film et pas un Yann Arthus Bertrand blindé de Dollars.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s