Dernier tour de piste.

« Hi I’m Flash McQueen and i’m the fastest car alive. »

Ainsi pourrait débuter le dernier long métrage du studio Pixar. On y suit notre héros rouge et or survoler une compétition qu’il ne connait que trop bien jusqu au jour du cheveux blanc. Ce jour ou qu’importe vos efforts vous êtes définitivement vieux au yeux du monde. Comme tout mâle alpha obnubilé par la jeunesse éternelle, flash n’abandone pas, il n abandone jamais…jusqu au drame. Aussi puissant que viscéral, ce crash reste (assez malheureusement) l’apogée du film dans la destruction de son héros. On se crampone a son siege, refusant de regarder la dure réalité, flash n’est plus. Ou plutôt il est la, broyé sous nos yeux, incapable de remonter une pente qu’il n’avait jamais descendu.

Comme tout bon film de come-back, Cars 3 va suivre la redemption de son héros qui apprendra l’humilité face à une jeunesse puant la confiance. Pour ce faire, Flash voyagera aux quatre coins des Etats-unis afin de trouver le coach ultime qui en fera le Rocky de la profession.

Visuellement le film est somptueux, comme toujours chez Pixar. Les voitures rutilent, les décors sont à tomber et les animations aussi déliées que mignonne.

Cote mise en scene le constat est cependant plus amer. Outre les travellings disgracieux, le film accumule les facilités et ne jouit a aucun moment de la liberté offerte par l animation. Pas de transition glorieuse, pas de folie, comme si cars, en gagnant peu à peu ses lettres de noblesse, était devenu un film live standard. On peut aussi noter une paresse de traduction sur les textes où seuls les titres sont traduit.

Cependant le principal intérêt du film reste la narration. Veritable ange déchue, Flash surpasse les épreuves grace a la force du groupe (rien de nouveau) mais surtout grace a un personnage feminin admirablement traitée. Sensible mais pas niaise, forte mais faible, drôle mais pas lourde, le personnage ridiculise sans probleme les trois quarts des héroïnes d animation. Dommage que cela se fasse au détriment d’un autre personnage feminin pourtant auparavant central. Malgré quelques facilités bien discutable ( le conflit jeune/vieux) surtout venant de pixar (les mecs bossant depuis 20 ans sur des ordinateurs qui disent « bouboubouh le travail a l ancienne c’est mieux » dans leur film) le dernier ne du studio réussi l’exploit de détruire le doudou transitionel de tout une generation. Il le fait de maniere literale et brillante au début pour ensuite tendre vers une destruction plus subtile, plus amenée, plus réjouissante aussi. C’est sans doute ca la vraie force de Pixar, refuser d’écouter les sirènes du démonstratif pour embrasser la dure réalité : non les héros ne sont pas éternels.

Frôlant de peu le statut de grand film, Cars 3 est un divertissement aussi fascinant qu’intelligent. Symbole d’une remise en question mais aussi d’une volonté de sortir d’une zone de confort, il est sans doutes aucun le film qu’il fallait pour que la licence ait enfin son magnum opus…dans quelques années.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s